Sélections

SÉLECTION CONDITIONNELLE

  • Infections respiratoires
    • Pharyngite aiguë : si un antibiotique est indiqué (voir BAPCOC) lorsque le patient présente une allergie à la pénicilline IgE médiée.
    • Pneumonie : uniquement en cas de diagnostic de Mycoplasma pneumonia, Chlamydia pneumoniae, Chlamydia psittaci ou Legionella pneumophila (à déclaration obligatoire) confirmé par PCR sur les expectorations.
  • Infections de la peau et des tissus mous
  • Infections gastrointestinales
    • Gastro-entérite aiguë: en cas de syndrome dysentérique ou patient à risque (immunosuppression); à débuter après le prélèvement en vue d’une coproculture (voir BAPCOC).
  • Infections buccales d’origine dentaires

Motivation

MOTIVATION POUR LA SÉLECTION

Pharyngite aiguë :

  • Chez les patients présentant une allergie à la pénicilline IgE médiée, une céphalosporine n'est pas indiquée car il existe un risque d'allergie croisée.
  • L’azithromycine (néomacrolide) est proposée par la BAPCOC comme alternative pour les patients (enfants et adultes) souffrant d’une pharyngite aiguë (enfants et adultes), d’une otite moyenne aiguë, chez lesquels une antibiothérapie est indiquée et qui présentent une allergie à la pénicilline IgE médiée (voir BAPCOC).

Pneumonie :

  • Le choix est basé sur le guide de la BAPCOC.
  • En raison d'une résistance croissante, l'utilisation empirique des macrolides est déconseillée pour le traitement de la pneumonie atypique, sauf si le diagnostic a été confirmé par PCR sur les expectorations.

Impétigo, érysipèle et cellulite

  • L’azithromycine et la clindamycine sont des alternatives sélectionnées par la BAPCOC en cas d’allergie à la pénicilline IgE médiée.
  • L’azithromycine présente un profil de sécurité plus favorable que la clindamycine (responsable d’infections à Clostridioides difficile), avec une plus grande facilité de prise (1 prise par jour, pendant 3 jours) et un moindre coût.

Gastro-entérite aiguë

  • Gastro-entérite aiguë: azithromycine: seulement en cas de dysenterie (diarrhée avec fièvre, sang dans les selles et/ou altération importante de l’état général) et chez les patients immunodéprimés.
  • Avant de débuter le traitement, prélever un échantillon des selles pour le diagnostic étiologique (voir 11.1.2.2 Néomacrolides et BAPCOC);
  • En Belgique, un Campylobacter est de plus en plus souvent le germe responsable du syndrome dysentérique. Comme la résistance du Campylobacter aux quinolones augmente, l'azithromycine est le premier choix.

Abcès dentaire :

Il faut néanmoins tenir compte du risque d’allongement de l’intervalle QT avec l’azithromycine.

Indication
Pharyngite aiguë - alternative en cas d’allergie à la pénicilline (sous conditions) Pneumonie - lorsque le diagnostic est confirmé par PCR sur les expectorations Impétigo, erysipèle et cellulite - alternative en cas d’allergie à la pénicilline
Critères de
sélection
Efficacité + + +
Sécurité
Facilité d'emploi +
Coût
Consensus
d'experts

Indication
Abcès dentaire – alternative en cas d’allergie à la pénicilline (sous conditions) Gastro-entérite aiguë (sous conditions)
Critères de
sélection
Efficacité + +
Sécurité
Facilité d'emploi
Coût
Consensus
d'experts


Posologie

Pas d’adaptation de la dose nécessaire sur base de l’âge.
À prendre pendant les repas (tolérance digestive), sauf la suspension buvable de l’azithromycine qui est à prendre 1h avant ou 2h après un repas.
Pharyngite aiguë :
  • 500 mg par jour, en 1 prise, pendant 3 jours.
Pneumonie, lorsque le diagnostic est confirmé par PCR sur les expectorations
  • 500 mg par jour, en 1 prise, pendant 3 jours.(réévaluer après 48 heures).
Impétigo, cellulite et érysipèle :
  • 500 mg par jour, en 1 prise, pendant 3 jours.
Gastro-entérite aiguë :
  • 500 mg par jour, en 1 prise, pendant 3 jours.
  • À débuter après le prélèvement d'un échantillon des selles pour le diagnostic étiologique et l'adaptation éventuelle du traitement en fonction de l’étiologie.
Abcès dentaire :
  • 500 mg par jour, en 1 prise, pendant 3 jours.

En cas d'insuffisance rénale

  • Aucun ajustement posologique n’est requis chez les patients avec un taux de filtration glomérulaire > à 10 ml/min.
  • La prudence est de mise chez les patients avec un taux de filtration glomérulaire < 10 ml/min (augmentation de l’exposition systémique).

Couper et broyer

Les rubriques ci-dessous concernent le groupe médicamenteux auquel appartient le médicament décrit ici, si elles sont disponibles dans le Répertoire Commenté des Médicaments.

Précautions particulières

  • L'azithromycine et la clarithromycine sont à utiliser avec prudence en cas de pathologie hépatique sévère préexistante. Réaliser immédiatement des examens de la fonction hépatique en cas de survenue de signes ou de symptômes d'une altération de la fonction hépatique.
  • Chez les patients âgés: les néomacrolides sont à l’origine de nombreuses interactions (la clarithromycine, par exemple, est un puissant inhibiteur du CYP3A4 et de la P-gp, voir Tableau Ic dans Intro.6.4.): vérifier le risque d’interactions médicamenteuses, en particulier chez les personnes âgées polymédiquées.
  • Le traitement par clarithromycine nécessite une attention particulière en cas d'insuffisance rénale sévère (voir Intro.6.1.2. Insuffisance rénale).

Effets indésirables

  • Influence la flore commensale, ce qui peut entraîner des diarrhées et des infections à levures ou à champignons. Une colite pseudo-membraneuse par prolifération de Clostridioides difficile peut survenir suite à une antibiothérapie. Cet effet indésirable est toutefois plus fréquemment observé avec d’autres antibiotiques que les macrolides.
  • Troubles gastro-intestinaux, mais moins qu’avec l’érythromycine.
  • Réactions allergiques: rare.
  • Perturbation réversible des tests de la fonction hépatique; rarement hépatite cholestatique.
  • A fortes doses: perte auditive et acouphènes généralement temporaires, très rarement irréversibles.
  • Effets centraux (réactions psychotiques, cauchemars).
  • Allongement de l’intervalle QT et torsades de pointes; pour les facteurs de risque des torsades de pointes, voir Intro.6.2.2. Allongement de l’intervalle QT et torsades de pointes. Voir Folia d'octobre 2020: Incertitudes concernant le risque cardio-vasculaire des macrolides.

Interactions

  • Antagonistes de la vitamine K: une interaction a été décrite avec presque tous les antibiotiques. Bien que pour de nombreux antibiotiques (y compris les macrolides), les preuves d'interactions soient faibles, il est néanmoins recommandé, par prudence, de contrôler l'INR dans les 3 à 5 jours suivant l'instauration de tout traitement antibiotique.
  • Estroprogestatifs: aucune mesure contraceptive supplémentaire n’est requise chez les femmes sous antibiothérapie, sauf si l'antibiothérapie induit des vomissements sévères ou des diarrhées aqueuses sévères [voir Folia de novembre 2021].
  • Risque accru de torsades de pointes en cas d'association à d'autres médicaments augmentant le risque d’allongement de l’intervalle QT (voir Intro.6.2.2. Allongement de l’intervalle QT et torsades de pointes).
  • La clarithromycine augmente le risque de toxicité musculaire des statines.
  • L’azithromycine est un substrat et un inhibiteur de la P-gp (voir Tableau Id. dans Intro.6.3.).
  • La clarithromycine est un substrat et un inhibiteur du CYP3A4, et un inhibiteur de la P-gp (voir Tableau Ic. dans Intro.6.3. et Tableau Id. dans Intro.6.3.. Parmi les interactions importantes de la clarithromycine, citons:
    • Risque accru de vasoconstriction et de gangrène par l’ergotamine et d’autres dérivés de l’ergot.
    • Risque d'intoxication par la colchicine (notamment rhabdomyolyse, neuropathie, dépression médullaire, insuffisance rénale et hépatique). Attention chez les personnes âgées et les personnes en insuffisance rénale. L'utilisation concomitante de la colchicine et d'un macrolide est une contre-indication dans le RCP de la colchicine.

Contre-indications

Tableau de prix